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Comment choisir un piano à queue ?

    • 149 message(s)
    6 décembre 2013 10:23:30 CET

    Bonjour à tous,

    Mes parents m'offrent un piano à queue pour mes 16 ans. Oui, je sais, j'ai beaucoup de chance 
    Toute la difficulté va être de choisir ce piano. Je commence à avoir un bon niveau de piano (j'aborde en ce moment les études de Chopin) mais en ce qui concerne la facture instrumentale, mes connaissances sont assez limitées. Et bien sûr, je ne voudrais pas faire d'erreur. On achète pas un piano à queue tous les jours !

    Avant de me lancer dans les recherches, avez-vous des conseils à me donner pour faire le bon choix. J'habite en région parisienne. Dans quels magasins me conseillez-vous d'aller ? Peut-on en toute confiance acheter un piano d'occasion d'une grande marque ou est-il préférable d'acheter un piano neuf ? Il y a beaucoup de pianos à vendre sur ebay, le bon coin, etc. Quels sont les risques à acheter de cette manière ? 

    Merci de vos réponses.

    • 64 message(s)
    7 décembre 2013 12:17:55 CET

    Bonjour,

    Quel merveilleux cadeau d'anniversaire ! je souhaite que vous trouviez LE piano fait pour vous. Je n'ai guère de conseils à vous donner, si ce n'est mon expérience personnelle : j'ai acheté mon piano d'occasion dans un magasin spécialisé (que je connais de longue date). J'ai trouvé LE piano qui correspondait à mes attentes, en termes de timbre, toucher, retour émotionnel.. Pourtant, ce piano (pleyel droit) n'était pas mis en valeur, bien sombre, placé dans une grande salle mal éclairée, il était perdu au milieu d'une multitude de pianos laqués noirs tous plus brillants les uns que les autres..(ce que je souhaitais au départ!)  mais lorsque je l'ai joué, c'était une évidence... il était pour moi.

    Je vous souhaite de vivre la même chose. Je pense qu'il faut laisser venir à soi, ne pas avoir trop d'idées préconçues.

    L'aspect financier est également forcément un facteur de choix.. alors ce n'est pas si simple. C'est un achat qui n'est pas anodin, personnellement je ne l'aurais pas acheté à un particulier à moins de vraiment s'y connaître. Pour l'aspect technique, et le suivi du piano, il vaut mieux avoir à faire à un professionnel, en tout cas c'est ce qui me rassure. Pour finir, j'aime le côté "occasion" pour l'idée que le piano a déjà eu une histoire, et qu'il ait déjà fait ses preuves en quelque-sorte!

    Je vous souhaite bonne chance! & Bon Anniversaire! 

    Véronique

    • 149 message(s)
    7 décembre 2013 18:17:28 CET

    Merci beaucoup pour vos conseils. J'aime cette idée du piano qui a déjà une histoire.
    Cependant, je travaille 5-6 heures par jour, il faut donc que le piano puisse tenir cette cadence... 

    • 78 message(s)
    5 janvier 2014 21:38:37 CET

    Je ne sais pas si vous avez déjà choisi votre piano... mais je partage l'avis de Véronique sur le fait qu'il est préférable de s'adresser à un magasin spécialisé plutôt que de chercher une "affaire" chez un particulier. Un seul magasin peut d'ailleurs suffire si bon nombre d'amis ou connaissances vous conseillent le même ! Il est parfois très déroutant d'avoir une multitude d'avis, d'autant que bien souvent dans ce domaine les avis diffèrent, chaque magasin vous vantant la ou les marques qu'il représente (quoi de plus naturel !). Si je peux me permettre un conseil: faites vous une idée seul, puisque vous êtes déjà un pianiste d'un haut niveau, mais ne prenez la décision finale qu'après avoir eu l'avis d'un pianiste chevronné, d'un technicien de piano, ou encore de votre professeur. 

    • 149 message(s)
    5 janvier 2014 22:08:23 CET

    Merci pour vos conseils. J'ai encore quelques mois devant moi, rien ne presse donc.

    • 9 message(s)
    26 janvier 2014 23:18:11 CET

    bonjour,

    acheter un piano, c'est facile. Le revendre, c'est devenu beaucoup plus difficile... surtout un piano à queue - plus il est grand, plus c'est difficile. Il me paraît essentiel de tenir compte de la valeur de revente. Sur un instrument bien choisi, on ne perd pas d'argent. J'ai acheté  en 1979 un petit Yamaha  (1,70m) neuf, pour 27 000 francs - mais j'ai écumé tous les marchands de Paris pendant six mois avant de trouver celui que je voulais. Je l'ai revendu en quinze jours 5000 euros en 2008 : bonne affaire - la mécanique Yamaha a la réputation non usurpée d'être indestructible. 

    En 2008, après avoir rêvé toute ma vie devant les beaux pianos, j'avais les moyens d'en acheter un - et je commençais à croire que je le méritais - ceci est une autre histoire. J'ai repris la tournée, et hésité devant des pianos neufs (Steinway, Fazzioli) . Quand même un peu cher...

    J'ai cherché des pianos d'occasion, mais j'ai toujours été déçu par les "grands pianos" prétendument "restaurés" - y compris chez les "grands" marchands - importateur Steinway compris. La mécanique, ça s'use. Regarnir des mortaises fatiguées de feutres neufs et retendre des ressorts ramollis, ça donne une mécanique imprécise qui sent le vieux. Faut-il jeter les vieux pianos?

    Heureusement, mon prof est un copain de Stephen Paulello - dernier facteur français depuis que Pleyel a fermé - qui fabrique à l'unité des instruments très innovants - et qui restaure des grands pianos. Lui ne s'encombre pas : tout ce qui est usé part à la poubelle. Je lui ai acheté un Steinway C de 1898, avec une ébénisterie en palissandre, une restauration sublime avec une mécanique entièrement neuve (il n'a gardé que l'ébénisterie, la table d'harmonie et le barrage en fonte), et pour un prix particulièrement raisonnable. 

    Et quand j'irai m'installer dans ma maison des Sables d'Olonne, je lui demanderai de me trouver un petit Bechstein (on en trouve pour 1000 euros - complètement morts) et de me le ressuciter !

    Bon, je ne sais pas si on peut appeler ça des "conseils" ... 

     

     

     

     

     

    • 25 message(s)
    27 janvier 2014 14:28:14 CET

    Bonjour Dominique,

    Et bien félicitations pour l'achat de ce beau piano ! Il ne reste plus qu'à poster une petite photo et ... un enregistrement :-)

     

    Bonne continuation

    • 149 message(s)
    27 janvier 2014 15:16:51 CET

    Merci Dominique de me faire part de votre expérience. Vos conseils sont très précieux. J'ai bien conscience qu'il faut (aussi) penser à la revente lorsque l'on fait un tel investissement.
    J'apprécie beaucoup les pianos anciens (particulièrement les Steinway et les Bechstein) mais étant donné que je travaille environ 5 heures par jour, j'ai bien peur que ce ne soit pas l'idéal, même très bien rénové. D'autre part, il est vrai que je préférerais avoir une mécanique relativement "standard" afin de ne pas être trop gêné lorsque je change d'instrument. Yamaha est évidemment une possibilité, d'autant que dans la foulée du nouveau piano de concert CFX, ils viennent de sortir une nouvelle série de pianos à queue de différentes tailles.

    • 9 message(s)
    27 janvier 2014 20:02:27 CET

    Je crois qu'on est toujours gêné quand on change d'instrument - tout le monde ne peut pas faire comme Horowitz.... 

    Il faudrait que je jette un coup d'oeil aux nouveaux Yamaha. Je pense que si j'achetais un piano neuf, j'y penserais fortement. Je pense que Steinway, à force de faire sa pub sur le thème "nous faisons les meilleurs pianos, la preuve, c'est que nous n'y avons rien changé depuis 130 ans", a maintenant quelques années de retard - sur Fazzioli, et surtout sur Paulello. 

    Il y a actuellement deux facteurs qui font évoluer la technique de l'instrument, c'est lui et Stuart en Australie. Paulello est en train de monter un 3m à cordes parallèles ... je vais aller voir ça un de ces jours, et il a en projet un piano droit très ... innovant, c'est le moins qu'on puisse dire. 

    Quand je suis allé chez lui, je n'avais vraiment pas l'idée d'acheter un piano de plus d'un siècle ... mais c'est en fait un piano neuf - clavier neuf, mécanique neuve aux spécifications Paulello ( plus réactif et plus précis qu'un Steniway neuf), cordes neuves Paulello, tout le chevillage neuf - pas refait - neuf... Je travaille entre 3 et 6h par jour depuis qqs années, il n'a absolument pas bougé. 

    Je ne voudrais pas avoir l'air de faire la pub de Paulello (il n'en a pas besoin...) mais je pense que c'est une erreur d'acheter un grand piano sans aller voir ce qu'il fait.

     

    et pour Isabelle - des photos, je dois en avoir qqs unes, faites chez Stephen Paulello, et j'ai qqs enregistrements... faut que je voie comment on fait. Je ne sais pas si ça marche si je me contente de copier le lien :

    http://www.youtube.com/watch?v=8XELhfbEvRI

    http://www.youtube.com/watch?v=9s8ioU0Gaxw

     

     

    • 149 message(s)
    28 janvier 2014 10:27:07 CET

    Magnifique piano Dominique ! Et excellent pianiste aussi !

    Cela donne en effet vraiment envie de se pencher un peu plus sur le travail de Stephen Paulello.

    • 9 message(s)
    28 janvier 2014 13:05:48 CET

    Exact... Lui est vraiment un excellent pianiste (il a été longtemps prof de conservatoire à Paris) puis il a appris le boulot de facteur - en particulier avec Fazzioli, si j'ai bien compris - et il s'est lancé dans la construction. C'est un fou.... perfectionniste à ce point, j'avais jamais vu. Il sort deux ou trois pianos à son nom tous les ans - il n'y en a pas deux identiques. Ses deux premiers pianos lui servent de banc d'essai pour tester des solutions qui, la plupart du temps, ne sont pas retenues (p ex mécanique en fibre de carbone). 

    Il a aussi une activité très importante de restauration. Certains puristes trouvent qu'il exagère - pour lui, une mécanique usée ne doit pas être gardée. Il préfère commander une mécanique neuve chez Renner - avec ses spécifications à lui. J'aime beaucoup la sonorité des Bechstein (meilleur que Steinway, je trouve) mais je n'aime pas l'imprécision de la mécanique Bechstein ... sauf sur un Bechstein restauré chez lui. Evidemment, il sous-traite beaucoup (principalement en Allemagne).

    Pour les pianos à son nom, le barrage (la pièce de bois qui constitue la "colonne vertébrale" du piano) est en lamellé-collé fraisé d'une pièce sur une machine numérique. Cela donne une rigidité beaucoup plus grande que la méthode traditionnelle en plusieurs parties assemblées. Je sais que maintenant, une astuce que je n'ai pas encore comprise lui permet de se passer des barres qui rigidifient la table d'harmonie (visibles sous le piano). .... etc.... En gros, il teste toutes les technologies modernes - et il ne les garde que si ça lui paraît apporter un progrès. Effectivement, un petit tour en Bourgogne me paraît une évidence avant d'acheter un grand piano ! (il est à une centaine de km de Paris). 

    voir : http://www.stephenpaulello.com

    je ne vois pas trop comment insérer une image...

    • 9 message(s)
    31 janvier 2014 17:16:05 CET

    bonjour,

    je suis allé faire un tour à Paris - suis passé chez Paul Beuscher près de la Bastille.

    Les nouveaux Yamaha (je n'ai pas retenu la dénomination exacte) sont très en progrès. Il n'y a plus le côté "clinquant" qui était un peu trop souvent la norme il y a qqs années. La sonorité est très feutrée, très égale, la mécanique est très précise, pas trop lourde... mais bon. J'ai peur qu'on ne s'ennuie un peu.

    • 25 message(s)
    2 février 2014 21:40:03 CET

    Bonsoir Dominique, 

     

    Très beau son! J'ai particulièrement aimé les préludes de Scriabine. 

     

    Merci pour le partage

    • 9 message(s)
    4 février 2014 12:33:07 CET

    bonjour Isabelle,

     

    merci pour le commentaire élogieux, mais (évidemment! ) je ne suis content ni du son ni de l'interprétation.

    Je ne suis pas du tout ingénieur du son - et Paulello me dit que mon plafond n'est pas assez haut pour avoir un bon enregistrement. Il est vrai que mon Steinway est un peu grand pour la pièce où il est.

    J'ai un peu repris le travail sur ces pièces ( aussi sur le prélude et le nocturne pour la main gauche de Scriabine ) et je vais aller passer une journée chez Paulello jeudi - pour m'enregistrer, et voir un peu ce sur quoi il travaille en ce moment... 

    à suivre...